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Pour mon premier reportage, pour la Gazette des
minis, je suis allé à la rencontre d’Agnès
Moitry qui m’a reçu fort gentiment dans son
élevage: les Minis de Bel Air.
Dès la sortie de l’autoroute, à la hauteur
d’Avignon, je suis sous le charme de cette
région du Sud Est de la France, mais tout reste
encore à découvrir. Pour accéder à son repaire,
il faut être bien renseigné et surtout disposer
d’un véhicule avec une bonne garde au sol.
En effet, le chemin menant à l'élevage serpente
entre des murs de pierres sèches laissant à
peine la largeur de la voiture.

Mais une fois arrivé, quelques centaines de
mètres plus haut, le spectacle est à couper le
souffle.
Une vue imprenable sur toute la vallée du Rhône
qui, par beau temps, permet de voir très loin,
prati-quement jusqu’aux Pyrénées.
Si on a la chance comme moi d’arriver mi-juin
avec le soleil, on est accueilli par les
premiers chants des cigales.
Agnès me raconte son parcours, passionnée de
chevaux depuis sa plus tendre enfance, elle a
pratiqué à peu près toutes les disciplines
pendant une trentaine d’années, du dressage à
l’attelage.
Elle est arrivée dans cet endroit il y a
quelques années avec de grands chevaux.
Ils ont eu du mal à s’adapter à cet
environnement et comme elle ne peut plus monter,
elle s’est reportée sur les minis.
Après une expérience malheureuse où elle a
acheté des animaux qui s’apparentaient plus à
des minis shetlands, elle s’est intéressée dans
les années 90 aux chevaux miniatures américains.

Elle a retrouvé chez ces chevaux miniatures ce
qu’elle cherchait chez un cheval, c'est-à-dire
«des qualités de modèle, d’allures, et de mental
qui font que quand elle les travaille, elle a
vraiment l'impression d’avoir un grand cheval
entre les mains».
Elle les travaille d'ailleurs de la même façon.

Ne pouvant pas être montés, elle les attelle,
fait beaucoup de dressage et prend énormément de
plaisir à les diriger dans ces différentes
disciplines.
Au départ, juste quelques chevaux, et à ce jour
elle en a 34 plus quelques alpagas.
Ces animaux sont complémentaires aux chevaux
miniatures car ils ne mangent pas les mêmes
herbes lui permettant de mieux gérer ses pâtures
évitant d’avoir trop de refus des chevaux.
Amateur au début, Agnès est devenue aujourd’hui
une vraie professionnelle et ne vit que de son
élevage.
Ici point d’engin de torture pour faire courir
artificiellement les chevaux, mais de grands
espaces où ils peuvent s’ébattre au grand air.
Agnès est vraiment très accro… elle dit
elle-même : «le problème du cheval miniature,
c’est qu’on commence à en acheter un et ensuite
on ne peut plus s’arrêter car ce sont vraiment
des animaux très attachants et qu’on a envie
d’en avoir toujours plus avec un grand choix de
couleurs, d’allures etc...».

Agnès s’est centrée sur des modèles «
irréprochables en allures, conformation et d'un
type très arabisé.
Un poulain doit être très raffiné à la
naissance, pour qu’adulte, il ne ressemble pas à
un poney».
Elle ne s’est pas attardée sur des origines
prestigieuses, mais plutôt très polyvalentes qui
amènent ce qu’elle recherche, c'est-à-dire la
conformation et les allures.
La petite pouliche Vanuatu a 5 semaines et le
poulain Vice-Versa 8 semaines.
Ce sont deux produits de son étalon double
champion du monde : Scott Creek Reigning
Monarch.
Agnès aime leur toute petite tête très arabisée
qu’ils garderont adultes. «C’est vraiment rare,
précise-t-elle, d’avoir dans les chevaux
miniatures de si petites têtes si bien
dessinées».
Elle a plusieurs étalons dans son écurie dont
deux titrés au niveau mondial : Scott Creek
Reigning Monarch qui est double champion du
monde en 2003 et 2004 et Saxon Mount Don
Quichotte, son petit étalon noir de 18 ans, vice
champion du monde en 1996 qui s’est distingué de
plus dans les épreuves de liberty et d’attelage
en concours internationaux. Scott Creek Reigning
Monark Photo Liz MacMillan Saxon Mount Don
Quichotte.
Elle possède également plusieurs juments tops
ten au niveau mondial. Ce qui l’intéresse en
premier lieu chez les juments, ce n’est pas le
titre, mais surtout la manière dont elles se
déplacent et leur conformation, pour qu’elle
obtienne ce qu’elle recherche dans le croisement
avec l'un de ses étalons.
Il nous reste peu de temps pour terminer le
reportage, mais nous tenons à faire une
démons-tration d’attelage. Sur ce terrain, il
n’y a pas l’espace adapté, alors nous descendons
dans la plaine, chez Yves Bremond qui possède
une écurie de propriétaire, 458 route de
Velleron, 84250 Le Thor.

Agnès charge ses chevaux dans le van, puis met à
l’arrière le cart.
C'est un engin venu tout droit des USA, ultra
léger parfaitement bien adapté aux minis. Théo,
son petit garçon juste sorti de l’école, est
déjà sur place.
Yves et Agnès préparent les chevaux et les
attèlent.
Tout d’abord une démonstration en solo avec
Tuxedo, puis on ajoute Don Quichotte devant pour
obtenir un tandem du plus bel effet. Agnès
consi-dère que l‘attelage est sans doute la
discipline reine de ce que l’on peut faire avec
les chevaux miniatures.

«Un petit cheval comme celui-là pèse environ
125 kg, il peut tirer deux fois son poids. C’est
la même proportion que pour les grands. Jusqu’à
250 kg avec une petite voiture à sa taille,
assez légère, il fera aussi bien qu’un grand
cheval. Attelés à deux ou à quatre, on a des
attelages aussi puissants que pour les grands».
«Je pense, dit-elle, que c’est LA discipline à
développer avec nos chevaux miniatures. Hélas,
pour l’instant, constate-t-elle, il n’y a pas
beaucoup d’adeptes. Il faudrait que cela se
développe car cela procure de très bonnes
sen-sations. Il y a une excellente complicité
avec le cheval que l’on n’obtient nulle part
ailleurs, même quand on le monte».
Le temps était compté et Agnès a encore, c'est
bien évident, beaucoup de choses à dire sur son
élevage.
Nous reviendrons certainement à la première
occasion.
Texte et photos Pierre Laroche - Filmagri |